“Postsecular cities”: penser la place du fait religieux dans l’espace urbain

La géographie des religions est désormais une branche bien affirmée de la géographie dans les pays de langue anglaise (ce qui manque malheureusement en France). Régulièrement, des chercheurs proposent de nouvelles perspectives et des cadres théoriques renouvelés pour penser les liens unissant l’espace et le fait religieux. Récemment, Justin Beaumont et Christopher Baker ont dirigé un ouvrage intitulé Postsecular cities. Space, theory and Practice (London, Continuum, 2011, 276 p.). Vous pouvez consulter en libre accès le compte rendu de l’ouvrage que j’ai rédigé pour le bulletin bibliographique (N°156) de la revue de référence Archives de Sciences Sociales des Religion. Par ailleurs, vous trouverez dans le même bulletin bibliographique le compte rendu de l’ouvrage Exploring the Postsecular. The Religious, the Political and the Urban, rédigé Chantal Saint-Blancat. Lire la suite

chose vue: le patrimoine religieux pour tous…

Voici plusieurs semaines que je m’intéresse à l’affichage du Plateau-Mont-Royal, quartier où je réside. La photographie ci-dessus (elle peut être agrandie en cliquant simplement dessus) a été prise le dimanche 12 février sur l’avenue du Mont-Royal. L’affiche aborde de front la question de la gestion du patrimoine religieux catholique montréalais dont j’ai eu l’occasion de parler dans des articles précédents. Pour rappel, Montréal possède un patrimoine religieux auquel la société québécoise essaie de trouver de nouvelles fonctions puisque le nombre et la taille des édifices ne correspondent plus aux réalités de la pratique religieuse.

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Participation au colloque de la CRIEC

La Chaire de recherche en immigration, ethnicité et citoyenneté de l’Université du Quebec à Montréal organise le vendredi 27 janvier 2012 un colloque international et intedisciplinaire pour étudiants et nouveaux chercheurs: Immigration, diversité ethnoculturelle et citoyenneté. Frédéric Castel (UQAM) et moi-même avons mis pour l’occasion nos connaissances en commun. Nous ferons une présentation intitulée:

L’expression spatiale de la diversité religieuse dans la métropole montréalaise: une analyse croisée des communautés musulmanes et évangéliques“.

Cette présentation s’appuie sur deux articles que nous rédigeons actuellement. L’idée est de sortir des approches mono-confessionnelles pour proposer une comparaison de deux groupes religieux en nous appuyant sur une série de cartes et de photographies.

Nous valorisons ainsi deux échelles d’analyse:

  • l’échelle métropolitaine pour rendre compte des phénomènes de concentration et de diffusion des lieux de culte des deux confessions.
  • l’échelle micro-géographique qui prête attention au cadre bâti, à l’insertion des lieux de culte dans l’environnement urbain et les stratégies de visibilité déployés par les communautés locales.

Les relations entre l’Islam et l’évangélisme: un thème de recherche à explorer

ci-contre: détail de la page d’accueil du site internet Agape Mosaïque.

Il y a de cela quelques semaines, la RTBF (radio télévision belge francophone) publiait sur son site un article intitulé “L’Institut biblique veut convertir les Musulmans“. L’article était motivé par la tenue d’un “séminaire sur l’apologétique et l’Islam” organisé par le dit Institut. Si le travail missionnaire évangélique auprès des Musulmans dans les pays arabes (notamment en Algérie) suscite de nombreuses discussions et controverses, on connaît beaucoup moins les efforts d’évangélisation auprès des Musulmans en France. Il y a là un thème de recherche d’autant plus important qu’il interroge directement les relations entre groupes religieux et les formes de concurrence qui peuvent exister sur « le marché religieux » français. En privilégiant une approche géographique, le contexte urbain français donne à voir des formes de cohabitation ou de compétition entre groupes religieux. Lire la suite

Un peu d’enseignement

Qui dit “enseignant-chercheur” dit travail de recherche et travail d’enseignement. Personnellement, c’est ce second volet qui me plaît tout particulièrement. Je suis donc très heureux d’avoir reçu la charge d’un séminaire doctoral en Sciences Humaines Appliquées (SHA), un programme de doctorat offert par la Faculté des arts et des sciences de l’Université de Montréal. Ce séminaire porte sur l’épistémologie des sciences humaines appliquées. En deux mots, les SHA se caractérisent par leur finalité pratique et par l’attention apportée au travail interdisciplinaire. Une recherche en SHA a pour ambition de résoudre un problème précis et fait de son engagement social sa pierre angulaire.

Chaque séance sera organisée autour d’un thème. Je m’efforcerai d’indiquer chaque semaine les textes retenus. La première séance, “La démarche intellectuelle: entre étonnement et rupture” comporte 8 textes de nature et de taille variée (André Gide côtoie ainsi Descartes et Bourdieu). Tous les textes ont en commun de parler de ce qu’est une démarche intellectuelle et illustre bien selon moi les deux versants pointés par le titre de la séance: l’étonnement (tel que l’emploie Aristote dans sa Métaphysique) et la rupture (celle d’un Bachelard ou d’un Bourdieu).

  •   René Descartes, « Première méditation », in Les Méditations métaphysiques, 1641.
  •  Emmanuel Kant, Qu’est-ce que les Lumières, 1794.
  • Michel Foucault, « Qu’est-ce que les Lumières », 1984.
  •  André Gide, Préface de Les nourritures terrestres, 1897.
  • Pierre Hadot, « La philosophie est-elle un luxe ? » dans Exercices spirituels et Philosophie antique, 2002, Paris : Albin Michel, p. 361-366.
  • Pierre Bourdieu, « un doute radical », in Réponses. Pour une anthropologie réflexive, 1992, Paris : Éditions du Seuil, p. 207-216.
  • Gaston Bachelard, « la notion d’obstacle épistémologique », in La Formation de l’esprit scientifique, 1977, Paris : Vrin, p. 13-16.
  • Gilles Gaston Granger, « À quoi sert l’épistémologie ? », Droit et Société, 1992, N° 20-21, p. 35-42.

En exergue du syllabus, j’ai placé cette phrase de Pierre Bourdieu: « Je dirais que nous naissons déterminés et nous avons une petite chance de finir libres. Nous naissons dans l’impensé et nous avons une toute petite chance de devenir des sujets » (Le sociologue et l’historien, 1988, Agone/INA/Raisons d’agir). Bourdieu indique ainsi que le travail de recherche est aussi un travail de recherche de soi-même.

Où il est question de francs-tireurs, d’ “églises émergentes” et d’ “églises missionelles”

ci-contre, l’intérieur de l’église Sainte-Brigide de Hilde

Ma rencontre avec Patrick Lagacé

Quelques mots à propos de la dernière émission des Francs-Tireurs sur Télé-Quebec (épisode 354). Pour les non-Québécois, les Francs-Tireurs est une émission réputée pour la forte personnalité des deux co-animateurs : Richard Martineau, chroniqueur pour le tabloïd le Journal de Montréal, et Patrick Lagacé, chroniqueur pour le journal La Presse. Lire la suite