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Saluons la naissance d’une nouvelle revue de géographie en ligne : Carnets de géographes dont l’appel à contribution (à télécharger ici) pour son premier numéro a été récemment mis en ligne. Pourquoi une nouvelle revue alors qu’il y en a déjà des dizaines ? Voici le texte signé des trois jeunes géographes de Nanterre à l’origine de cette audacieuse aventure. Longue vie aux Carnets !

“Trois jeunes géographes du laboratoire Gecko de l’Université Paris-Ouest Nanterre la Défense proposent un nouvel espace de publication en géographie. La difficile conciliation de la valorisation des recherches avec les exigences actuelles du monde scientifique (classement AERES, format et style académique, calendrier des revues) a incité à la création d’une nouvelle interface supportant une écriture plus libre, en termes de formats, de sujets et de tons. Pour le géographe-chercheur, la publication doit rester un moment privilégié d’échanges où émergent de nouvelles idées relatives aux dimensions épistémologiques, théoriques et empiriques de la discipline.
L’objectif de la revue consiste avant tout à transmettre de nouvelles problématiques de recherche, à poser des problèmes de méthodes et de terrain, à communiquer la diversité des positionnements novateurs, et non à répondre aux exigences d’une évaluation qui vise à l’homologation, et quelque part à l’homogénéisation des pratiques de recherches. C’est pourquoi la revue s’inscrit dans un mouvement de refus du classement de l’AERES, tel qu’il est conçu aujourd’hui.”

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La livraison du très sérieux et passionnant journal The New-York Review of Books du 17 décembre 2009 proposait un long article intitulé « The Big Muslim Problem ! » L’article consiste en grande partie à un compte rendu du livre du journaliste américain Christopher Caldwell Reflections on the Revolution in Europe: Immigration, Islam, and the West paru récemment. L’analyse de Malise Ruthven sur cet ouvrage est particulièrement pertinente, notamment sa critique de la manière dont Caldwell ignore superbement la recherche contemporaine sur l’Islam européen. Il y a à la fin de l’article de très bonnes références bibliographiques.

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C’est dans les colonnes du Nouvel Observateur du 17 décembre 2009 (N°2354) que l’on retrouve le sociologue Jean-Paul Willaime s’exprimer sur la situation du Protestantisme en France, autour de thèmes désormais classiques : les évangéliques sont-ils en train de faire basculer le Protestantisme français ? Le Conseil National des Evangéliques de France va-t-il faire de la concurrence à la Fédération Protestante de France ? Et surtout, les églises ethniques ne sont-elles pas source de communautarisme ?

Au cours de l’entretien que vous pouvez télécharger en pdf ici JPW reprend un chiffre entendu de plus en plus fréquemment : il s’ouvrirait une église évangélique tous les 11 jours en France. D’où vient ce chiffre ? Tout laisse à penser qu’il est issu de l’Annuaire évangélique d’abord édité par la Fédération Evangélique de France est désormais placé sous le patronage du CNEF. Cet annuaire propose dans chacune de ces éditions (tous les 2 ans) un cahier central cartographique et statistique très utile pour évaluer rapidement les évolutions de l’univers évangélique français. L’annuaire de 2007 (reprenant les informations de 2006) annonçait ainsi 2146  (métropole et territoires ultramarins) tandis que celui de 2008 annonçait 2220 églises pour l’année 2007. Un calcul rapide donne effectivement une moyenne d’une église créée tous les 11 jours. Mais ce chiffre est valable uniquement pour ce pas de temps. En comparant cette fois-ci les éditions 2005 et 2007 (on passe de 2014 à 2146 églises) on obtient une moyenne d’une église créée tous les 5 jours ! Tout ceci nous rappelle qu’il est nécessaire de replacer les chiffres avancés dans leurs pas de temps respectifs. La création d’une église tous les 11 jours n’est donc pas une information à prendre en compte dans l’absolu ; il est nécessaire de la replacer dans un contexte temporel.

Et les lecteurs attentifs de se demander : si les chiffres avancés sont ceux donnés par le CNEF, les églises apparues dans l’annuaire entre 2007 et 2009, par exemple, sont-elles des églises effectivement créées entre ces deux dates, où s’agit-il d’églises déjà existantes mais prises en compte par les statistiques du CNEF, notamment parce qu’elles seraient devenues membres d’une organisation affiliée au CNEF ? Je penche personnellement vers la seconde option mais cela demanderait vérification auprès de personnalités comme Daniel Liechti, en charge de la réalisation de l’annuaire et de l’appareillage statistique.

Il est nécessaire de rappeler que l’annuaire du CNEF ne prend pas en compte toutes les églises évangéliques et pentecôtistes, en particulier les églises indépendantes néo-pentecôtistes ou les églises africaines transnationales : par exemple, sur Saint-Denis, la Church of Pentecost, La Redeemed Christian Church of God ou la Mountain of Fire and Miracle Ministries, toutes des églises transnationales issues du Ghana ou du Nigéria, n’apparaissent pas dans l’annuaire. Le fait de ne pas inclure certaines églises n’est pas un oubli de la part des auteurs de l’annuaire (même si ces derniers ne connaissent pas toutes les églises, et d’ailleurs, qui les connaît ?) mais répond davantage à la volonté de borner l’univers évangélique tel qu’ils le conçoivent. Cet annuaire n’est donc pas un simple recensement exhaustif, mais davantage l’esquisse de ce qu’est l’évangélisme et le pentecôtisme pour les auteurs. Cet élément nous rappelle qu’entre ce que les évangéliques entendent par le terme “évangélique” et parfois assez différent de la définition du chercheur.

Dernier élément : une église se crée tous les 11 jours….. mais combien disparaissent ? La suite dans la prochaine note. J’ai décidé de faire des effets de teasing…

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La mosquée de Créteil (cliché: FD, janvier 2009)

Parmi le flot de commentaires entendus depuis quelques jours il est une parole à part : celle des chercheurs. Entre les indignations parfois maladroitement formulées et la célébration béate de la démocratie helvétique et de ce peuple qui a su dire « NON » à l’Islamisme, il y a une petite place pour une parole sereine et raisonnée. Même s’il n’est pas évident de démêler l’actualité et les événements sur le vif, le sociologue Jean-Paul Willaime s’est attelé à cette tâche dans une excellente tribune (le lien permet de télécharger le texte en pdf) publiée dans le journal Le Monde (édition du samedi 5 décembre 2009).

Le sociologue, pour l’occasion, se fait géographe puisqu’il revient sur la question de la visibilité de l’Islam dans l’espace public français. Cette tribune m’a fait penser à un article du même JP Willaime, «De l’édifice cultuel au centre religieux plurifonctionnel: les mutations contemporaines des fonctions et représentations du lieu de culte» paru dans un ouvrage collectif, Les lieux de culte en France et en Europe: Statuts, pratiques, fonctions (ouvrage dirigé par Magalie Flores-Lonjou et Francis Messner, paru chez Peeters Publishers en 2007).

Dans sa tribune JP Willaime souligne avec justesse le décalage qu’il existe entre le pluralisme religieux dans la société et le pluralisme religieux sur le plan spatial et architectural. Il fait remarquer que le paysage français est resté chrétien et que la place à accorder aux autres expressions religieuses ne fait pas consensus. On peut penser que ce décalage provient d’une inquiétude de la part d’une partie des citoyens: plus la diversité religieuse s’affirme sur le plan social, plus il apparaît urgent de réaffirmer la place dans l’espace une un modèle religieux largement dépassé.

Les géographes ont pu faire remarquer qu’il y avait constamment un décalage entre les structures de la société et les structures spatiales dans lesquelles les premières s’expriment. Ce décalage provient d’une inertie des formes de l’espace: celle-ci tendant à évoluer plus lentement que les structures sociales. On nomme ainsi “héritage spatial” un objet géographique qui perdure dans le temps alors que la dynamique sociale qui l’a fait naître s’est largement transformée. Dans le champ religieux, le paysage catholique apparaît bien comme un exemple d’héritage spatial puisque la présence géographique de l’Eglise catholique n’a pas grand chose à voir avec la place qu’elle occupe dans la société.

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La mosquée de Créteil (cliché: FD, janvier 2009)

La votation suisse de dimanche dernier a provoqué des remous considérables. Celle-ci portant sur l’autorisation ou non d’édifier des minarets a ainsi mis en évidence que les enjeux à venir portent précisément sur la visibilité des signes islamiques dans les espaces urbains. Cette question de la visibilité de l’Islam a été largement évoquée par les travaux des sociologues francophones travaillant sur les Musulmans en Europe. Je pense tout particulièrement à Jocelyne Césari (je renvoie à un passionnant dossier coordonnée par cette dernière dans le Journal of Ethnic and Migration Studies vol. 31, N° 6, 2005), Nilüfer Göle (par exemple un article paru dans la revue Public Culture : Islam in Public : new visibilities and new imaginaries, 14(1), 2002), Claire de Galembert, Jean Rémy ou encore Felice Dassetto (entre autres, la Construction de l’Islam européen paru à l’Harmattan en 1996). Je cite ces auteurs car tous ont fait du processus de visibilité de l’Islam un élément essentiel. Ce qui est intéressant est qu’ils articulent deux formes de visibilité : une visibilité sociale et une visibilité spatiale. Les deux fonctionnant d’ailleurs de pair. Ils mettent en évidence de quelle manière les débats se sont noués sur ces deux niveaux de la visibilité : certains affirment que l’Islam  peut être parfaitement intégré dans la société française sans être visible physiquement, tandis que d’autres mettent au contraire en évidence la nécessité d’une coïncidence de ces deux niveaux. (more…)

minarets

Résultat surprise en Suisse pour la votation relative à la construction de minarets (actuellement au nombre de 4 sur tout le territoire, c’est donc ce qu’on appelle le principe de précaution appliqué au champ social !). Quelques liens utiles : un article du journal Le Monde paru sur internet le dimanche 29 novembre 09, un dossier dans le journal Le Temps (journal suisse) et un article paru sur le site religioscope présentant un petit ouvrage fort utile, Les minarets de la discorde. Cette votation prouve une fois de plus que la question de la présence musulmane en Europe passe inévitablement par la question de la présence dans l’espace public.

rue89

Voici un lien vers un article écrit en collaboration avec le sociologue Baptiste Coulmont (enseignant à Paris VIII) paru sur le site d’informations Rue89. On trouve au point de départ de cet article des photos d’affiches évangéliques prises par Baptiste essentiellement dans le quartier de Château Rouge (18ème arrondissement de Paris). Il a par la suite élaborée des cartes montrant la localisation des églises dont les noms apparaissaient sur les affiches et il a superposé ces localisations avec une carte de la pauvreté en Ile de France, établissant ainsi une corrélation entre les deux phénomènes.

Le titre de l’article, « la pauvreté, terrain fertile pour les églises noires » (titre choisi par les rédacteurs de Rue89), est trompeur car il donne à penser que c’est la pauvreté qui serait le facteur explicatif principal quant à l’adhésion des individus à une église. On retrouve là le vieux schéma de la religion comme compensation d’une situation matérielle difficile à supporter. Cette relation entre pauvreté et adhésion religieuse existe, il ne fait pas la nier, mais elle n’explique pas tout. Les gens dans les églises sont certes d’origine modeste, mais ils ne sont pas forcément dans une précarité matérielle excessive. Je ne me fonde que sur mes impressions de terrain pour dire cela et il faudrait une enquête approfondie dans une assemblée pour tirer des conclusions sur ce point. Par ailleurs, les enquêtes que j’ai menées dans deux églises de Saint-Denis mettent en évidence le fait que les fidèles ne viennent pas uniquement du département de Seine-Saint-Denis. Il y a ainsi une aire de polarisation de l’église à l’échelle de la région Ile de France, et même au-delà. Il faut donc enterrer une fois pour toute l’image de fidèles pauvres ghettoïsés dans des quartiers enclavés.

En fin de compte, comprendre l’adhésion des gens à une église est une difficile entreprise et la tentation est grande d’en passer par des explications générales simplistes : les gens sont pauvres et donc crédules, et s’ils sont crédules ils entrent dans une église. CQFD. Si j’ai appris une chose en fréquentant des dizaines d’églises à Lyon, Paris ou Montréal, c’est que les fidèles sont loin d’être de parfaits illuminés manipulés. J’ai constamment en tête la leçon de l’éthnométhodologie de Garfinkel : « l’acteur n’est pas un idiot culturel ». Il est en capacité de rendre compte de son action. Le rôle du chercheur réside davantage dans la capacité à donner un espace expressif à l’acteur, plutôt que de vouloir débusquer des raisons cachées que l’acteur ne verrait pas. Sur ce point je renvoies aux superbes pages de Luc Boltanski dans le chapitre “ce dont les gens sont capables” dans son livre L’Amour et la justice comme compétences (un des titres les plus beaux de la sociologie contemporaine)

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Chose promise, chose due… j’ai travaillé pendant le week-end et j’ai fini cette petite note sur le livre d’Olivier Roy (deux autres doivent normalement suivre). Dans les lignes qui suivent j’interroge essentiellement l’usage qui est fait du terme de « fondamentalisme », en particulier dans le champ du Christianisme. Il me semble que par souci de clarté il faudrait conserver ce terme pour le courant originel au risque de perturber la compréhension des mouvements évangéliques. Je reviens également sur la thèse d’Olivier Roy concernant le rapport à la culture, cette fameuse « sainte ignorance ». Le chercheur postule un arrachement des courants néopentecôtistes et charismatiques de la culture, je fais ici l’hypothèse inverse. Le succès vient justement d’une capacité à s’approprier la culture profane pour la rendre religieuse.

L’ouvrage d’Olivier Roy est construit autour de deux parties principales, chacune d’elle abordant de manière autonome un questionnement initié en introduction. Alors que la première partie (« L’inculturation du religieux ») interroge directement les relations entre une religion et la société globale, la seconde (« La mondialisation et le religieux ») s’intéresse aux effets de la mondialisation sur la religion.

L’entrée dans le livre se fait en deux temps au travers un double seuil : un avant propos et une introduction. L’avant-propos fait entendre la voix de l’auteur. Il y rappelle les circonstances ayant conduit à la rédaction du livre. On apprend ainsi que ce dernier est le fruit d’une vie et d’une série de rencontres, notamment avec un jeune évangélique quelque peu « illuminé ».

Les dernières lignes de l’avant propos posent les questions centrales qui reviendront tout au long de l’exposé : « Comment penser la religion dans l’ordre social ? Peut-on la ramener dans le cadre des autres systèmes symboliques (la culture) ? Peut-elle se développer dans son propre champ (le privé, la communauté de foi ou bien un autre monde, dans un autre espace) sans entrer en conflit avec les autres systèmes symboliques ? » (p. 14).

(more…)

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J’ai fait référence il y a de cela quelques semaines à un ouvrage intitulé The Cultural Geography Reader (2008, Routledge). Il se trouve que je relisais l’introduction au moment même où se mettait en place la commission parlementaire sur le port de la burka en France, sujet sensible s’il en est. Dans le « reader » en question l’introduction consacre deux pages à l’ « Affair Foulard » (sic) et montre comment cette affaire peut être comprise dans le cadre d’une analyse géographique. Je trouve l’extrait particulièrement intéressant car il pose finalement assez bien le problème en dégageant deux axes d’analyse privilégiés pour la géographie culturelle : la question de la distinction entre espace privé et espace public, et la question de l’identité et de ses canaux d’expression dans l’espace public.

Ces deux pages invitent tout simplement à penser l’espace de la laïcité. Après tout, on parle sans cesse de sociologie de la laïcité (cf le blog de Jean Baubérot) et jamais de géographie de la laïcité, alors que c’est finalement cela qui est fondamental. Si on regarde les controverses en cours, elles portent quasiment toutes sur des questions d’espace, la question du voile en étant l’expression même. Il y a me semble-t-il deux versants : les qualités que l’on prête à des espaces (je trouve que parler de « sanctuarisation » de l’école est de ce point de vue symptomatique) et les signes que les individus véhiculent (voile, kippa, turban….). Si les deux questions sont si vives c’est peut-être que nous entrons dans un espace pluriel, dans lequel cohabitent plusieurs cultures. Alors qu’on pouvait associer un espace à une culture, dans une relation verticale (c’est une position qu’on trouve sur certains sites Internet défendant l’identité française), il semble qu’une telle association soit devenue impossible, ce qui a pour effet de brouiller les repères.

Sinon, je vous encourage à visionner les vidéos des auditions de la commission parlementaire sur le port de la burka. Le plus intéressant n’est d’ailleurs pas les « acteurs privilégiés » auditionnés, mais tout ce qui se dit avant et après les auditions.

géo et cul

 La rentrée 2009 est chargée. Un peu de pub pour le dernier N° de la revue Géographie et Cultures, revue de géographie culturelle fondée par Paul Claval au tout début des années 1990. Cette dernière est particulièrement pertinente puisqu’elle entend faire entrer dans le champ de la géographie française les études culturelles anglo-saxonnes. Dit en 2009 cela prête à sourire, mais ce n’était pas un fait acquis au moment où la revue fut créée. Ce N° intitulé « Entrechocs culturels. Espaces et tensions sociétales », « prend appui sur la distinction entre “choc culturel” et “choc des cultures”, deux archétypes construits qui servent de grille d’interprétation aux rapports interculturels. Le premier serait positif, et débouche sur la relativisation de sa propre culture par rapport à celle de l’autre, alors que le second, négatif, mène à la fermeture, voire au repli sur soi et même à l’affrontement. Ces contributions abordent des cas variés : une plage pluriculturelle, les églises mondialisantes, le corps des femmes à Mayotte, la cartographie des religions, un monde imaginaire, celui d’Harry Potter… ».

Mon article porte sur les évangéliques et les pentecôtistes et leurs relations avec le processus de mondialisation. Il a été écrit il y a près de 2 ans alors même que je finissais mon M2 et que j’allais débuter ma thèse. Ce texte n’avait pas vocation à devenir un article, mais Sébastien Fath, lecteur attentif, m’a encouragé à le retravailler et le proposer à une revue. Une des idées fortes du texte repose sur la tension entre le local et le global qui est très présente dans les courants évangéliques et pentecôtistes actuels. A la fois une volonté de dépasser des cultures et des espaces particuliers, et en même temps cet attachement à des lieux et des communautés locales. Lors de mon année de M2, alors que je découvrais l’univers (passionnant) des évangéliques et des pentecôtistes, j’avais été frappé par l’affirmation parfois infondée d’une inéluctable déterritorialisation du religieux et la mise en place de communautés virtuelles (bref, les bonnes vieilles « communautés imaginées » de Benedict Anderson). Ce texte venait justement interroger cette hypothèse pour en proposer une autre : n’y a-t-il pas plutôt des processus de recompositions locales qui incluent de nouvelles formes de territorialisation du religieux en général, et des évangéliques en particulier.

Si je devais retravailler cet article j’y inclurais une discussion du livre d’Olivier Roy La Sainte ignorance qui, me semble-t-il (c’est mon blog, donc je me permets toutes les audaces…) fait une lecture un peu rapide du processus de déterritorialisation du religieux et du succès évangélique et pentecôtiste.

Si vous les demandez gentiment, je peux même vous faire parvenir l’article.

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