banderoleJe me suis rendu samedi dernier (le 27 juin) à la « Marche pour Jésus » qui partait cette année de la place Denfert-Rochereau. Lorsque j’arrive vers 13h00, c’est à dire une heure avant l’heure de départ du cortège, la « Marche » est en plein préparatifs. 7 chars (des semi-remorques dont les bâches ont été relevées afin d’accueillir des groupes de musiciens) sont disposés sur le pourtour de la place et attendent le signal du départ. Autour de chacun de ces chars, les participants se rassemblent de manière à pouvoir marcher à leur suite. L’organisation se fait en fonction des églises participantes. Ce sont en tout 12 communautés qui participent pour cette édition 2009.      char

 

 

 

 

 

 

 

 

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finding

Je profite de la lecture récente de Finding our way : rethinking ethnocultural relations in Canada pour dire quelques mots d’un philosophe que j’apprécie tout particulièrement, à savoir le Canadien Will Kymlicka. Dans cet ouvrage paru en 2002 Kymlicka se lance dans une entreprise de haute voltige : défendre le modèle multiculturel mis en place au Canada par Trudeau à partir de 1971. Haute voltige, car dire que le multiculturalisme a du plomb dans l’aile est un euphémisme. Et ce qui est d’autant plus frappant c’est que les attaques viennent de tous bords : de la part de l’extrême droite qui y voit là la soumission aux exigences sans borne des minorités culturelles (on pensera à l’expression de « dhimmitude » par laquelle on désigne l’attitude supposée des responsables politiques des pays du Nord face aux minorités musulmanes) et de la part de la gauche (du moins une partie) qui dénonce le multiculturalisme comme un aveu d’échec de l’intégration républicaine fondée sur les droits de l’individu et non ceux de groupes particuliers. Pour lire quelques critiques en règle du multiculturalisme, je renvoie au site internet de l’Observatoire du communautarisme. On y trouve notamment une petite note de Pierre-André Taguieff et la présentation du livre de Walter Ben Michaels La Diversité contre l’égalité (traduit de l’anglais). Ce dernier y développe une critique assez classique du multiculturalisme : la recherche l’égalité culturelle permet de ne plus rechercher l’égalité socio-économique ce qui satisfait pleinement les politiques libérales (au sens français). Une telle critique est déjà présente sous la plume de l’américaine Nancy Fraser, dans l’opposition entre « reconnaissance » et « redistribution ».

 

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clochers Voici un site original (40000 clochers.com) dont l’ambition est de constituer une banque photographique des clochers de France. Rien de très palpitant me direz-vous. Oui, mais ce qui est en revanche intéressant, c’est que je suis tombé sur ce site en faisant un tour sur F. Desouches, un site assez peu subtile, mais qui par son obsession de l’Islam (entre autres), me tient au courant des constructions de mosquées de France et de Navarre. C’est fort pratique quand on s’intéresse aux lieux de culte des confessions minoritaires.

 

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Paris

Rendez-vous est donné à tous les Chrétiens de la capitale le samedi 23 mai 2009 à 15h00, place de la Bastille, pour une heure de prière, de louange et de prédication. L’événement a été organisé par deux églises évangéliques parisiennes, l’Eglise évangélique de Paris Bastille et par le Centre Evangélique PhiladelphiaUn site internet a même été créé pour l’occasion. Sur ce dernier, on peut visionner une vidéo montrant un rassemblement de ce type à New-York sur la célèbre place de Time Square. On y voit une foule compacte écouter une pléthore de prédicateurs.

Ainsi, les églises sortent de leurs murs et investissent l’espace public, autant pour affirmer leur présence que pour toucher directement les gens. Vu de France, ce type de manifestation n’est pas vraiment une surprise de la part des EU, pays considéré comme un pays ayant placé la religion au coeur de sa vie publique. La tenue en France de ce type d’événement pourra paraître plus atypique même s’il y a d’autres exemples où la religion sort des murs des lieux de culte pour investir l’espace public: la Marche pour Jésus organisée chaque année par des organisations évangéliques et pentecôtistes,  les chemins de Croix organisés par les différentes paroisses catholiques dans les rues de nos villes,  les fêtes religieuses des Tamouls dans le 18ème arrondissement de Paris, ou encore les fêtes juives qui se tiennent dans le parc des Buttes Chaumont (Paris, 19ème). Un petit mémoire de Master sur une approche pluriconfessionnelle des manifestations de rue serait le bienvenu. Avis aux étudiants…

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mosquée

ATTENTION: l’auteur de ce papier ne partage pas les propos et les orientations des groupes auxquels il fait ici référence.     

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

          

          Deux éléments apparemment disjoints m’ont donnés envie d’écrire cette petite note: ma participation à des journées d’études  à Poitiers (laboratoire MIGRINTER) dont le thème était “le visible et l’invisible dans le champ des études migratoires”, et la (mauvaise) habitude d’aller rôder sur les sites dont une des raisons d’être est de dénoncer “l’islamisation de la société”.Lors de ces journées d’études, j’ai proposé une communication autour de la question de la “reconnaissance” au travers la construction de lieux de cultes. Il se trouve que cette communication portait avant tout sur les communautés évangéliques et pentecôtistes, mais je me suis permis une petite incursion du côté de l’Islam. La littérature scientifique a en effet mis l’accent ces dernières années sur la visibilité croissante de l’Islam  dans les espaces urbains (par les mosquées, mais pas seulement), cette visibilité spatiale participant du processus de mise en place d’un Islam  en France, et plus généralement en Europe. C’est en visitant un site (euro-reconquista.com) que je suis tombé sur l’annonce de cette conférence (voir l’image ci-dessus).

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L’Association Française de Sociologie des Religions organise dans quelques jours un colloque (programme sur le site Calenda) dont l’intitulé est fort géographique (voir le titre). Cela fait toujours plaisir quand ce sont les sociologues qui se font géographes et non l’inverse… D’ailleurs on trouve dans le comité organisateur une jeune géographe, Lucine Endelstein, ayant soutenu en juin dernier une thèse sur les Juifs orthodoxes dans le 19 ème arrondissement de Paris.
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Ce papier a été motivé par la publication de photos des églises Charisma et Paris Centre Chrétien par Sébastien Fath sur son blog. Ce sont ici quelques remarques qui se veulent juste un essai de discussion. J’encourage par ailleurs les lecteurs à lire l’ouvrage de Sébastien Fath: Dieu XXL: la révolution des megachurches

  Andersonci-contre: la Yoido Full Gospel Church de Seoul (une des plus grandes megachurch au monde avec plus de 700 000 membres) en couverture de l’ouvrage d’Allan Anderson An introduction to Pentecostalism (Cambridge University Press, 2004).  

 Les recherches portant sur les communautés évangéliques et pentecôtistes sont marquées par un certain succès du thème des mégachurches, ces lieux de culte rassemblant plus de 2000 personnes. On parle même de “gigachurch” quand on dépasse les 10 000 fidèles. Ce thème a été popularisé récemment en France par l’excellent ouvrage de Sébastien Fath, Dieu XXL: la révolution des megachurches, paru aux Editions Autrement. Un coup d’oeil à la bibliographie de ce livre à l’usage aussi bien des chercheurs que du grand public montre que le thème est maintenant ancien aux Etats-Unis où la question des relations entre la pratique religieuse et les espaces de la pratique est bien connue.  

Il me semble que la mégachurch illustre parfaitement ce que les géographes désignent sous le terme d’objet géographique  (more…)

ignoranceen photo: “moi et ma sainte ignorance”…  

En octobre dernier est paru aux Editions du Seuil, dans la collection “La couleur des idées” le dernier ouvrage d’Olivier Roy (le lien renvoie à sa page de présentation à l’EHESS), La sainte ignorance: le temps de la religion sans culture. J’avoue que j’attendais avec impatience de pouvoir le lire, et ce, pour deux raisons: 

  • tout d’abord parce qu’Olivier Roy est un excellent auteur. Je me souviens avoir lu ses ouvrages sur l’Islam à l’occasion de ma maîtrise (notamment L’Islam mondialisé et Vers un Islam européen). Quand il intervient à la télévision il apporte toujours une réflexion constructive sur l’Islam (ce qui ces derniers temps se fait bien rare). 
  • Ensuite, parce que l’ouvrage entend traiter des grandes religions en général (Islam, Christianisme et Bouddhisme). Un exercice de synthèse audacieux et périlleux auquel se livrent peu de chercheurs. On a ainsi beaucoup de publications sur un type de religion, mais rarement des tentatives de synthèses.

Et je ne fus pas déçu. La lecture est aisée et vraiment stimulante car Olivier Roy porte à la connaissance d’un large public (La couleur des Idées n’est pas une collection réservée aux chercheurs) des thèmes assez peu connus (en tout cas en France): l’approche  de la religion en termes de marché par certains auteurs américains, la question de la mondialisation des biens religieux, ou encore les relations entretenues entre une religion et la culture globale. 

Plutôt que de faire un long papier à propos du livre, je souhaite proposer plusieurs éclairages successifs sur des points importants. Si tout va bien il y aura en tout 3 :

  1. le premier portera sur une présentation générale de l’ouvrage: la thèse principale, l’économie interne, les grandes étapes de la réflexion.  
  2. le second se concentrera plus spécifiquement sur la question du lien entre religion et ethnicité. On verra qu’Olivier Roy fait l’hypothèse d’une “désesthnisation” (pas évident à prononcer) qu’il est important de discuter. Il appuie son propos à l’aide d’un article du chercheur Fenggang Yang paru dans la revue Sociology of Religion (1998, vol. 59, No. 3): “Chinese conversion to Evangelical Christianity: the importance of social and cultural contexts”. On fera un retour précis sur l’article en question et sur d’autres contributions du même numéro. Il me semble qu’Olivier Roy a tendance à tirer des conclusions de l’article allant dans le sens de son hypothèse quant à la désethnisation. 
  3. le dernier papier traitera de la question de l’espace et du territoire (géographie oblige) telle qu’elle est abordée par Olivier Roy. On y discutera en particulier de la thèse de la “déterritorialisation du local” qui n’est d’ailleurs pas propre à la Sainte ignorance.

  

embassyLa littérature en sciences sociales ne manque pas de travaux sur les Evangéliques et les Pentecôtistes en Amérique Latine (Jean-Pierre Bastian, André Corten, David Martin, David Stoll) ou en Afrique (Elisabeth Dorier-Apprill, Cédric Mayrargue, Sandra Fancello, André Mary, Paul Gifford….). En revanche les rayonnages des bibliothèques universitaires ne croulent pas sous le poids des travaux concernant les Eglises en Europe de l’Est. C’est d’autant plus dommage que les pays de l’Ancien bloc soviétique sont aujourd’hui le théâtre d’une intense évangélisation.  

Je partage avec vous deux lectures récentes: l’ouvrage de l’historienne et anthropologue Catherine Wanner, Communities of converted: Ukrainiens and Global Evangelism, ouvrage publié en 2007 aux presses de l’Université de Cornell, et un article de J. Kwabena Asamoah-Gyadu (Gyadu dans mon papier) paru dans la revue Pneuma (journal édité par la Society for Pentecostal Studies), “An African Pentecostal on Mission in Eastern Europe: The Church of the Embassy of God in the Ukraine”. Si Wanner aborde les évolutions du Christianisme évangélique en Ukraine depuis les premières décennies du 20ème siècle, avec une attention particulière aux dynamiques ayant suivi la chute de l’Empire soviétique, elle consacre néanmoins un long développement à l’église The Embassy of God (Kyev) dont le nom complet est The Embassy of the Blessed Kingdom of God for all Nations.    (more…)

mahometJe suis donc allé voir le documentaire de Daniel Leconte. Et j’ai été plutôt agréablement surpris sachant que je n’avais lu qu’une seule critique, celle du site Rue89, franchement incendiaire. Hugues Serraf y dénonçait la balourdise de Daniel Leconte et un manichéisme primaire, montrant Charlie comme dernier rempart contre l’obscurantisme religieux rampant, menaçant la République. Les quasi-larmes d’Elisabeth Badinter en Marianne font effectivement hésiter entre le très sérieux et le vraiment drôle. J’ai l’impression que la déception (car il y en a une) vient du parti pris du réalisateur, celui de coller au plus près des événements au risque de rendre impossible toute mise en perspective. Je rejoins le journaliste de rue89 quand il regrette l’absence d’un “retour serein sur un débat complexe”.   (more…)

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