chose vue: le patrimoine religieux pour tous…

Voici plusieurs semaines que je m’intéresse à l’affichage du Plateau-Mont-Royal, quartier où je réside. La photographie ci-dessus (elle peut être agrandie en cliquant simplement dessus) a été prise le dimanche 12 février sur l’avenue du Mont-Royal. L’affiche aborde de front la question de la gestion du patrimoine religieux catholique montréalais dont j’ai eu l’occasion de parler dans des articles précédents. Pour rappel, Montréal possède un patrimoine religieux auquel la société québécoise essaie de trouver de nouvelles fonctions puisque le nombre et la taille des édifices ne correspondent plus aux réalités de la pratique religieuse.

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Les relations entre l’Islam et l’évangélisme: un thème de recherche à explorer

ci-contre: détail de la page d’accueil du site internet Agape Mosaïque.

Il y a de cela quelques semaines, la RTBF (radio télévision belge francophone) publiait sur son site un article intitulé “L’Institut biblique veut convertir les Musulmans“. L’article était motivé par la tenue d’un “séminaire sur l’apologétique et l’Islam” organisé par le dit Institut. Si le travail missionnaire évangélique auprès des Musulmans dans les pays arabes (notamment en Algérie) suscite de nombreuses discussions et controverses, on connaît beaucoup moins les efforts d’évangélisation auprès des Musulmans en France. Il y a là un thème de recherche d’autant plus important qu’il interroge directement les relations entre groupes religieux et les formes de concurrence qui peuvent exister sur « le marché religieux » français. En privilégiant une approche géographique, le contexte urbain français donne à voir des formes de cohabitation ou de compétition entre groupes religieux. Lire la suite

Où il est question de francs-tireurs, d’ “églises émergentes” et d’ “églises missionelles”

ci-contre, l’intérieur de l’église Sainte-Brigide de Hilde

Ma rencontre avec Patrick Lagacé

Quelques mots à propos de la dernière émission des Francs-Tireurs sur Télé-Quebec (épisode 354). Pour les non-Québécois, les Francs-Tireurs est une émission réputée pour la forte personnalité des deux co-animateurs : Richard Martineau, chroniqueur pour le tabloïd le Journal de Montréal, et Patrick Lagacé, chroniqueur pour le journal La Presse. Lire la suite

« Voici le temps enfin qu’il faut que je m’explique »

Peut-être aurez-vous reconnu dans le titre de cette note un vers fameux tiré de Bérénice de Jean Racine. Rassurez-vous, je ne vais pas vous parler de théâtre et le choix de ce vers va s’éclairer un peu plus loin.

On m’a signalé que la version complète de ma thèse était désormais disponible sur le site thèses.fr. Je souligne d’emblée qu’une erreur a été commise lors lors du travail d’indexation de la thèse puisque, contrairement à ce qui est indiqué sur theses.fr, Pierre J. Hamel n’était pas mon co-directeur, mais un membre du jury. Ma co-directrice était la sociologue Annick Germain.

Je profite de l’occasion pour dire quelques mots du processus de mise en ligne. Il se trouve que – et je le concède, c’est une bizarrerie – la thèse que l’on peut télécharger est la version remise sur CD à la bibliothèque universitaire de Paris Ouest-Nanterre-La Défense le jour du dépôt officiel de ma thèse, soit fin septembre 2010. Ceci n’est pas un détail comme on va pouvoir le constater. Lire la suite

Religion et urbanisme: quelle place pour les lieux de culte minoritaires dans l’espace urbain montréalais?

ci contre:L’Iglesia Evangelica Hispana Bethel dans l’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve (cliché: FD, avril 2008)

Un article paru dans le quotidien La Presse en date du mercredi 14 septembre 2011nous apprenait qu’une Eglise évangélique allait devoir fermer ses portes du fait d’un nom respect des règles de zonage. Si cette affaire a attiré l’attention du journal c’est qu’elle a été portée devant la Cour Supérieure du Québec, et a opposé l’Eglise de Dieu Mont de Sion à la ville de Montréal. La décision de la Cour Supérieure du Québec est disponible ici. Sa lecture est tout particulièrement instructive car elle replace cette affaire dans un réseau d’affaires similaires ayant par le passé opposé des groupes religieux et des municipalités, et montre bien comment chaque affaire participe de la constitution d’une sorte de matrice de référence qui vont venir orienter les décisions futures.

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Les enfants prêcheurs du Brésil

Prenez 22 min. pour regarder ce reportage proposé par la chaîne ARTE (il est disponible pour un temps limité). Voici le résumé qu’on trouve sur le site de la chaîne: “Adriana, 10 ans, prêche la bonne parole devant une assemblée de fidèles suspendus à ses lèvres. Le verbe facile, le geste sûr, elle harangue l’assistance, micro en main, pendant près d’une heure. Persuadée que la présence divine qui l’anime va transformer la vie de ceux qui l’écoutent”. Le reportage est bien fait, notamment parce qu’il donne la parole à un sociologue brésilien qui apporte un éclairage intéressant sur le phénomène des “enfants prêcheurs”.

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Où je retrouve William Branham

Lors de mon travail de terrain de thèse en Seine-Saint-Denis, je me suis retrouvé un dimanche matin de printemps aux abattoirs de volailles d’Aubervilliers. En plus de volailles, on y trouve plusieurs communautés évangéliques disséminées dans un complexe de bâtiments vétustes. Arrivé devant la porte d’une d’entre elles, je m’engage et suis accueilli par un monsieur qui me demande poliment, mais fermement, ce que je fais ici. Je réponds simplement: “je viens a culte”. Je me retrouve dans une petite de salle, semblable à des dizaines d’autres. L’assemblée est essentiellement africaine. Mon regard est immédiatement attiré par un portrait (image ci-contre)  accroché en arrière du pupitre: on y voit un homme de profil, littéralement auréolé. Ce qui est frappant c’est que le pupitre est encadré par un portrait du Christ et par le portrait de cet homme.

Au fil du culte, le nom d’un certain William Branham revient sans cesse. J’en déduis que William Branham est l’homme sur le portrait. A la fin du culte, on me remet un fascicule qui reprend les enseignements de Branham. Comme le pasteur en a témoigé au cours du culte: la lecture de la Bible ne se fait que par la médiation des enseignements de Branham. Celle-ci est codée, et le “prophète” Branham apporte les clefs de lecture indispensables.

De retour chez moi, je consulte ma “bible”, The New dictionary of Pentecostal and Charismatic movements et apprends que William Branham (1909-1965), évangéliste américain, fut une des figures de proue du travail missionnaire en Afrique au cours des années 1950 et 1960. Sa renommée fut aussi grande que celle d’Oral Roberts au même moment. Pour en savoir plus, vous pouvez lire la biographie de Branham sur Wikipedia. Si Branham est qualifié de “prophète” c’est précisément grâce à ses visions et ses prophéties . Par ailleurs, il a développé un ministère de guérison qui s’inscrit dans le “healing revival” (“Réveil de Guérison”) de l’évangélisme américain au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Sa biographie disponible en anglais rapporte qu’enfant, il a des visions qui lui permettent de prédire le futur. Il se convertit une fois adulte, reçoit le baptême de l’Esprit et débute son oeuvre, d’abord sous une tente itinérante, renouant ainsi avec la tradition des “camp-meetings”. En juin 1933, 3 000 personnes auraient assisté à son enseignement à Jeffersonville.

Si je parle aujourd’hui de Branham c’est que pas plus tard que ce matin, j’ai été abordé dans un McDonalds par un des employés. “Je souhaiterais vous inviter dans mon Eglise; vous avez de quoi noter l’adresse?” Il faut dire que j’étais en train de parler des Eglises montréalaises avec une journaliste du quotidien La Presse. Nous discutons quelques minutes, ce qui lui laisse le temps de m’expliquer que “seul Branham est le vrai prophète”. Et voilà comment je viens de trouver une Eglise “branhamistes” dont j’ignorais l’existence. Et en plus elle n’est pas loin de chez moi.

Le chercheur appelle cela les heureux hasards du terrain…

Une approche sonore des Eglises évangéliques

Il y a de cela quelques semaines j’avais fait part de mes deux expériences « journalistiques » successives : la première avec une équipe de France 2 et la seconde avec Baptiste Etchegaray, un jeune journaliste qui réalisait à l’époque un reportage pour France Inter. Baptiste m’a gentiment transmis le fichier du reportage d’une dizaine de minutes. Je vous invite donc à l’écouter.

reportageeglisesevangeliques

L’approche retenue par Baptiste m’a beaucoup intéressée car il souhaitait aborder les Eglises sous l’angle de leurs dimensions sonores, alors même que les reportages et les enquêtes valorisent généralement une approche strictement visuelle des Eglises (et quand vous pouvez avoir des séances de délivrance, c’est le jackpot). J’avais beaucoup apprécié la matinée que nous avions passée ensemble à sillonner les rues de Saint-Denis, à la rencontre des communautés locales. Contrairement à l’équipe de France 2, lourdement équipée (caméra, trépieds, micro à perche), Baptiste n’avait pour tout outil qu’un micro et une petite console portative (dont j’ignore le nom technique). Par ce biais, on évitait l’effet de distance favorisé par la caméra.

Le résultat obtenu est saisissant : paradoxalement on « voit » presque plus de choses en privilégiant l’approche sonore. Depuis lors, j’ai pris pour habitude de fermer les yeux lors des cultes, pas tant pour « jouer » la prière, mais davantage pour me rendre attentif aux sons qui s’en dégagent : les plus évidents (les chants, la parole du pasteur, les acclamations de l’assemblée…), mais également les plus anodins (des enfant qui jouent ou qui pleurent, des paroles de bienvenues par des voisins, la prière à peine murmurée par un(e) voisin(e),le froissé d’un tissu).

Bref, j’ai appris ce jour-là que le travail d’ « observation » prenait tout son sens quand on y intégrait cette dimension sonore.

 

 

 

le flashmob chrétien ou le réenchantement fugace des espaces urbains

J’ai découvert il y a quelques semaines par le biais d’un site d’informations évangélique (Actu-Chretienne.net) la vidéo d’un « flashmob chrétien » organisé par la communauté de l’Emmanuel, une communauté catholique de sensibilité charismatique. Avant de parler plus précisément de cette vidéo, rappelons que le flashmob, « rassemblement éclair »/ « foule éclair », peut être défini comme le rassemblement temporaire  dans l’espace public (le plus souvent la rue, une place, une galerie marchande…) d’un groupe de personnes, le temps d’une activité commune. L’un des flashmobs les plus célèbres reste le « Frozen Grand Central », quand des centaines de personnes se sont retrouvées dans le grand hall de la célèbre gare new-yorkaise, et se sont immobilisées sur place l’espace de quelques minutes, jetant le trouble dans l’esprit des usagers présents. Les flashmobs sont rendus possibles par l’existence des réseaux sociaux du type Facebook et des téléphones portables, qui constituent des canaux par lesquels l’information circule rapidement. Lire la suite

Des pentecôtistes au Nunavut

ci-contre, le drapeau du Nunavut.

Connaissez-vous le Nunavut ? Non ?! C’est un tort. Il s’agit d’un des trois « territoires » canadiens (pour information, le Canada est divisé en « provinces », dont le Québec, et en « territoires ») couvrant plus de 2 millions de Km2, pour une population d’à peine 35 000 âmes, répartis en 25 communautés. Situé entre les 60° et 80° de latitude Nord, le Nunavut connaît des conditions climatiques particulièrement rudes.

Dans son cahier « Focus » du samedi 2 avril 2011, le Globe and Mail (l’équivalent du Monde au  Canada) a consacré un long article sur les problèmes sociaux du Nunavut, notamment une violence disséminée à tous les niveaux de la société. Pour indication, le taux de crimes violents y est 9 fois plus élevé que dans le reste du Canada, et le taux d’homicide 10 fois plus. A cela s’ajoute les violences que les gens s’infligent à eux-mêmes: les hommes âgés entre 15 et 24 ans, ont un taux de suicide 10 fois supérieur à leurs congénères canadiens. Bref, ces quelques chiffres en disent déjà beaucoup sur l’ampleur des difficultés des Nunavummiut, composés à près de 85% d’Inuits.

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