Laïcité, diversité et pluralisme: les aventures récentes du débat québécois dans les pages du Devoir

pluralisme

Le 7 février dernier, le sociologue Jean Baubérot a mis en ligne un texte signé par plusieurs universitaires québécois, paru dans le journal Le Devoir (en date du 3 février 2010) dans une version abrégée. La publication de ce manifeste dans un grand quotidien québécois s’inscrit à la suite d’une série d’articles publiés depuis plusieurs semaines. Depuis mon arrivée à Montréal début janvier, il ne se passe pas une semaine sans que ne paraisse une tribune tournant autour des questions de laïcité, multiculturalisme, interculturalisme….

Le 12 janvier dernier, l’historien Gérard Bouchard (le Bouchard de la « commission Bouchard-Taylor » dont le rapport avait été rendu public en mais 2008) répondait à des critiques portant sur un article de… 1999. Dans cet article Gérard Bouchard voulait « attirer l’attention sur les nouvelles conditions d’intégration de la nation québécoise dans un contexte de diversité croissante. Je soulignais la nécessité de respecter cette diversité, mais en la conjuguant avec une appartenance, une solidarité et des symboles communs. Je m’élevais contre une conception monolithique, trop homogène de l’identité nationale ».

Le débat s’est poursuivi dans les colonnes du même journal le 22 janvier avec un texte d’un professeur de sociologie de l’UQAM, Jacques Beauchemin : « Au sujet de l’interculturalisme.
 Accueillir sans renoncer à soi-même ». Pour ce dernier : « le discours social portant sur les rapports intercommunautaires au Québec est obsédé par l’Autre, la diversité et par un vivre-ensemble fait de reconnaissance mutuelle et d’accommodement de la différence. À l’inverse, il se méfie de l’histoire, de la mémoire, de la culture majoritaire et de l’expression d’un « nous » porteur d’une conscience historique ».

A la suite du manifeste du 3 février, un article rédigé de la plume du professeur de philosophie à l’Université de Laval, Michel Seymour, est paru le 9 février sous le titre « Nationalistes ou pluralistes? Faut-il vraiment choisir? ». Les propos de l’auteur posent le doigt sur une des différences fondamentales entre les situations française et québécoise. Nous lisons : « Si le peuple québécois pouvait être reconnu et être en mesure de s’affirmer comme peuple, il pourrait être plus conciliant et ouvert à l’égard du pluralisme. Mais plus les pluralistes refuseront de dénoncer l’intransigeance de l’État canadien face au Québec, plus ils justifieront l’équation que certains nationalistes sont tentés d’établir entre le pluralisme et le refus de reconnaître le Québec ». En effet, la position  du peuple Québécois en tant que minorité dans le Canada, constitue un point de départ important dans la question de la reconnaissance des groupes ethno-religieux. L’idée de Seymour est simple:  si les Québécois étaient mieux reconnus il pourraient à leur tour mieux reconnaître.

Un débat passionnant à suivre de près, tant par les enseignements à en tirer pour la France que pour l’intelligence des réflexions.

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