« Chérie, on emménage à l’église! »

source de l’image: cyberpresse.ca

Article particulièrement intéressant paru dans le quotidien La Presse le week-en dernier. On y apprenait ainsi qu’une ancienne chapelle évangélique (quoi, les évangéliques ferment des lieux de culte?!) allait être reconvertie en 12 appartements. J’en rêve!

Si l’étude du fait religieux dans l’espace urbain conduit à faire le constat d’un réinvestissement constant du patrimoine urbain existant par des communautés religieuses (les Eglises évangéliques sont les championnes en la matière), on insiste moins souvent sur le phénomène inverse, à savoir le réemploi du patrimoine religieux. Et ce n’est pas ce qui manque à Montréal, au point que la question du réemploi de ces lieux de culte agite régulièrement la société québécoise et inspire les chercheurs (notamment Luc Noppen, professeur titulaire au Département d’études urbaines et touristiques à l’UQAM). Le patrimoine religieux urbain québécois est particulièrement riche, mais ne correspond plus du tout aux besoins des communautés. Du coup, les paroisses se regroupent, des églises se trouvent inoccupées et la question de leur devenir ne se fait pas sans discussion préalable. En effet, l’attachement affectif d’un lieu de culte est réel et la fermeture d’une église peut être vécue comme le signe matériellement visible d’une crise de l’institution ecclésiastique.

Il existe plusieurs expériences de reconversion à Montréal. Des églises ont ainsi pu être transformées en: « condos » (appartements), bibliothèques, centre communautaire (l’église Saint-Brigitte de Kildare va ainsi devenir un centre communautaire) ou en un autre lieu de culte. Dans ce cas là, la vocation religieuse perdure, mais traduit simplement les mutations du paysage religieux local.

Ainsi, plusieurs communautés évangéliques se sont installées dans des églises catholiques ou des chapelles protestantes dont les dimensions souvent plus modeste satisfont sans doute davantage les besoins des communautés, mais également leurs capacités financières (c’est mon hypothèse). Se sont parfois des groupes religieux plus inattendus qui donnent une nouvelle vie à ces lieux de culte: ainsi, au 1626 boulevard Pie IX, l’International Society for Krishna Consciousness (mais si vous les connaissez, on les voit dans le métro ou dans la rue chanter le célèbre « hare krishna mantra », Hare Krishna Hare Krishna, Krishna Krishna Hare Hare, Hare Rama Hare Rama, Rama Rama Hare Hare), a installé un temple dans une ancienne église.

Plus controversé fut le projet de rachat d’une église catholique de la banlieue de Québec par… une association islamique. Autant vous dire que ceux qui voient de l’islamisation de la société partout buvaient du petit lait.

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