De la visibilité des lieux du religieux en contexte urbain : l’exemple des églises protestantes évangéliques à Montréal

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Si vous avez un accès institutionnel aux revues de la maison SAGE, vous pouvez lire en primeur et en intégralité un article consacré à la visibilité des lieux de culte évangéliques à Montréal. Ce texte prendra place dans un numéro dont j’assure la direction et qui est consacré aux lieux et aux espaces du religieux.

Le résumé est ICI en accès libre et je le reproduis ci-dessous.

Dans des pages restées fameuses du tome 2 de ses Études de sociologie religieuse, Gabriel Le Bras affirmait que « l’attraction des villes a une influence ruineuse sur la religion des ruraux (…) Je suis pour ma part convaincu que, sur cent ruraux qui s’établissent à Paris, il y en a à peu près quatre-vingt-dix qui, au sortir de la gare Montparnasse cessent d’être des pratiquants » (Le Bras, 1956 : 480). Cette citation souligne la place de la ville dans des travaux de recherche qui ont fait de l’espace urbain la scène privilégiée du processus de sécularisation. Il s’agissait alors de montrer l’effacement progressif de la religion, de même que la difficulté des institutions religieuses à composer avec des réalités sociales nouvelles. Pourtant, des sociologues, historiens ou géographes, insistent désormais sur le rôle pivot que les villes occupent dans les dynamiques religieuses contemporaines. Plusieurs d’entre eux montrent avec raison que les groupes religieux acquièrent une visibilité inédite et s’adaptent aux réalités urbaines et à leurs mutations rapides. Dans les pages qui suivent, je traite des Églises protestantes évangéliques montréalaises et met en lumière leurs dimensions spatiales. À travers cet exemple je souhaite montrer que ces Églises s’insèrent dans la trame urbaine existante en déployant un « régime de visibilité » (Lussault, 2003) largement fondé sur une logique d’invisibilisation, qui résulte à la fois de qualités propres au protestantisme et d’un effort d’adaptation à des contraintes urbaines externes.

Les accommodements raisonnables pour motifs religieux et l’administration des espaces de prières dans les cégeps et les universités québécoises

Il y a de cela quelques semaines, David Koussens (professeur à l’Université de Sherbrooke), Bertrand Lavoie (Postdoctorant à l’Université de Sherbrooke) et moi-même avons remis au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur un rapport intitulé « Pratiques d’accommodement pour motifs religieux et administration des espaces de prières dans les établissements d’enseignement supérieur au Québec: vers une approche inclusive et planifiée« . Financée par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, cette recherche a consisté en une centaine d’entrevues avec des gestionnaires, des intervenants et des usagers dans 17 établissements d’enseignement supérieur à travers l’ensemble du Québec. À ce jour, une telle recherche est unique.

Par la suite, ce terrain de recherche a donné lieu à la rédaction d’un article scientifique intitulé « Détournement des espaces et gestion asymétrique du religieux dans les établissements d’enseignement supérieur québécois » dans la revue Studies in Religion/Sciences religieuses. L’article est disponible en ligne (mais il faut être membre d’une institution de recherche qui a souscrit à la revue pour y avoir accès en version intégrale) dans la catégorie « Online First ». Il sera intégré dans quelques semaines à un dossier thématique sur les lieux et les espaces du religieux, dossier dont j’assure la direction. Cet article traite spécifiquement des espaces du religieux et s’inscrit dans des travaux qui s’intéressent à la place de la religion dans des institutions publiques fréquentées par des personnes susceptibles de demander l’accès à des locaux spécifiques pour la pratique religieuse. Il y a ainsi des travaux sur la religion en prison ou dans les hôpitaux. Dans le contexte de sociétés laïques et sécularisées, une tension surgit entre neutralité des institutions et respect des libertés religieuses.

It was a cinema ; it is now the house of God !

Résultat de recherche d'images pour "annales de géographie"Je viens de publier dans le numéro 731 des Annales de géographie un texte intitulé « It was a cinema ; it is now the house of God ! Les Églises sans église ou le renversement des contraintes spatiales en opportunités ». Ce texte s’appuie sur un terrain en cours réalisé auprès d’Églises évangéliques qui ne disposent pas de locaux pour leurs activités religieuses, mais louent des salles dans des cinémas ou des établissements scolaires. Loin de n’être que le résultat de contraintes liées au manque d’opportunités foncières pour les groupes religieux, il s’agit de stratégies qui se trouvent intégrées à un discours sur le rôle des Églises et de leur ancrage dans la société québécoise.

Le texte est disponible sur la plateforme Cairn 

Article paru dans L’Information géographique

Je viens de publier dans le dernier numéro de la revue L’Information géographique consacré à la religion, un article intitulé « L’encadrement urbanistique des lieux de culte : le pouvoir local à l’épreuve de la diversité religieuse à travers l’exemple de Montréal ». En voici le résumé:

« Alors que la ville occidentale contemporaine apparaît de prime abord comme l’espace de prédilection du processus de sécularisation et, à ce titre, est la scène d’une crise profonde des institutions et des pratiques religieuses, l’exemple de Montréal que nous traitons dans cet article témoigne de l’émergence de dynamiques nouvelles des faits religieux dans l’espace urbain. Nous montrons, en particulier, comment les arrondissements montréalais se saisissent de la question du « zonage religieux » et expérimentent des cadres réglementaires nouveaux. À ce titre, nous proposons l’idée que l’analyse de la production de l’espace religieux doit tenir compte de ces nouveaux dispositifs qui ont pour effet d’orienter les dimensions spatiales des faits religieux dans l’espace urbain ».

Le texte est disponible sur la plateforme Cairn. Si vous n’y avez pas accès, n’hésitez pas à m’en demander une copie.

À lire dans la revue EchoGeo

logoechogeo160Je signale la parution dans la revue EchoGeo d’un entretien que j’ai réalisé avec Glenn Smith, directeur de l’association montréalaise Direction Chrétienne, spécialisée dans la « missiologie urbaine ».

Intitulé « De la religion dans les sciences sociales aux sciences sociales dans la religion: l’exemple chrétien« , l’entretien est précédé d’un texte introductif qui présente les relations entre les faits religions et les sciences sociales. Le fil directeur de cet entretien est simple et peut être ramené à une question: si les faits religieux constituent des objets à étudier pour les sciences sociales, comment les grandes institutions religieuses se saisissent-ils des travaux des sciences sociales? L’exemple chrétien évangélique, à travers la figure de Glenn Smith et de l’association Direction Chrétienne, montre comment des acteurs religieux utilisent des travaux issus des sciences sociales et les mettent au service de leur travail d’évangélisation.

« Tenir le haut de l’affiche : analyse structurale des prétentions au charisme », un article de Baptiste Coulmont

RFS_493_L148Je vous recommande chaudement la lecture de l’article de Baptiste Coulmont, »Tenir le haut de l’affiche : analyse structurale des prétentions au charisme », paru récemment dans la Revue Française de Sociologie.

Son article s’appuie sur un matériel original, les affiches annonçant des événements dans le champ évangélique et pentecôtiste (croisades, week-end de prière, conférences d’évangélistes…). Au cours de ma thèse j’avais été littéralement fasciné par ces affiches dont l’accumulation permet de faire ressortir des façons de faire et des codes de composition. Baptiste Coulmont appuie son analyse sur 200 affiches. Le corpus de photographies est en accès ICI: c’est une mine d’or!

Le texte est disponible sur le portail académique Cairn

J’en profite pour reproduire ce que j’écrivais sur les affiches dans ma thèse. Mon commentaire s’inscrivait dans un chapitre portant sur la mise en visibilité de lieux de culte « invisibles », les affiches permettant d’exister dans l’espace public, même si ce n’est que de manière éphémère:

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Bienvenue à Pharmakon

pharmakonJe salue la naissance d’une nouvelle revue, Pharmakon. Pour le numéro 0, ayant pour thème « Approches spatiales », j’ai écrit un texte intitulé « Les métamorphoses du lieu de culte ou les leçons d’un terrain de recherche dans les milieux évangéliques et pentecôtistes ».

En voici l’introduction. Si vous souhaitez le texte en entier, écrivez-moi, et je serai heureux de vous le transmettre. Le mieux reste encore de se procurer la revue.

« Que serait l’idéologie religieuse (…) si elle ne se basait pas sur des lieux et leur nom : l’église, le confessionnal, l’autel ? L’Idéologie chrétienne a créé des espaces qui assurent sa durée ». Lire la suite

Rions un peu…

Les Annales de Géographie, revue fondée par Paul Vidal de la Blache en 1891, viennent de publier des articles issus d’un colloque qui s’était tenu en 2008 à l’université d’Arras. Pour l’anecdote, ce fut ma première expérience de communication scientifique (« Où est Dieu dans le terrain?« ).

Le colloque fut l’occasion pour Hervé Regnauld, professeur de géographie à l’Université de Rennes 2, de réaliser des dessins, directement inspirés par les présentations. Comme il l’explique lui-même dès les premières lignes d’un article dans le numéro des Annales: « Les dessins de ce Carnet de Colloque renvoient à une attitude habituelle pour moi durant un colloque : une écoute alternativement attentive et flottante ». On appréciera la référence à l' »attention flottante » développée par Freud et récemment moquée par le  toujours très mesuré Michel Onfray dans sa biographie du père de la psychanalyse.

Voici le dessin que ma présentation inspira à Hervé Regnauld:

http://www.cairn.info/loadimg.php?FILE=AG/AG_687/AG_687_0462/AG_687_art02_img008.jpg

« Laïcité et liberté de conscience »: l’espace comme enjeu

Je conseille vivement la lecture du petit essai, Laïcité et liberté de conscience, publié il y a deux ans par  Charles Taylor et Jocelyn Maclure, deux philosophes ancrés dans la réalité québécoise. Si la lecture est facilitée quand on a à l’esprit l’actualité québécoise de ces dernières années (la « crise des accommodements raisonnables », la « commission Bouchard-Taylor », en particulier), les non Québécois y trouveront des réflexions intéressantes, notamment dans la perspective d’une laïcité libérale et non pas républicaine. Quoi, le modèle français n’est pas le seul et l’unique ?! Les deux auteurs expliquent qu' »an “open” secularism defends a model centered on the protection of freedom of conscience and of religion, as well as a more fl exible concept of separation and neutrality. These could also be characterized as “republican” secular regimes versus “pluralist” or “liberal” ones » (p. 27). Désolé, je n’ai que la version anglaise du texte. Lire la suite