Pour comprendre les mutations du catholicisme québécois

L’Office National du Film québécois propose gratuitement de nombreux documentaires sur des thèmes variés, notamment les faits religieux. Parmi ces documentaires, un certain nombre constituent des témoignages historiques et sociologiques du Catholicisme et de ses mutations dans la seconde moitié du 20ème siècle. Tranquillement, pas vite, un documentaire de 1972, offre une plongée dans un monde en pleine transformation et montre comment les acteurs concernés, les fidèles et les religieux, composent avec les changements rapides auxquels ils font face. Dans une perspective géographique, on sera notamment sensible aux discussions au sein de la « fabrique » de l’avenir de l’église devenue trop grande et trop coûteuse pour les paroissiens.

Voici le synopsis:

Tranquillement, pas vite (1re partie) – Que s’est-il donc passé? retrace la désagrégation et la mutation rapides de la religion catholique au Québec. Des paroissiens se réunissent et discutent de l’avenir de leur église, de sa chapelle et de ses services. Le manque de financement est au centre de la discussion, de même que la place accordée aux rassemblements communautaires payants, telles les parties de bingo, et le nombre croissant de prêtres se retrouvant sans emploi.
Tranquillement, pas vite (2e partie) – Communauté de base présente huit mois d’une expérience originale de reconstruction religieuse : celle de la communauté chrétienne de base, sise à Montréal.

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Un documentaire pour découvrir les Amishs

Peut-être certains lecteurs se souviennent du film Witness, dans lequel un jeune garçon, membre d’une communauté Amish de Pennsylvanie, témoin d’un meurtre dans la gare de Philadelphie, doit se cacher, protégé par le flic bienveillant, joué par Harison Ford.

La chaîne de télévision a PBS a produit en 2012 un superbe documentaire que l’on peut visionner gratuitement (ICI) ou acheter pour 2$ sur iTunes. Loin du folklore auquel on associe trop souvent les communautés Amish (les buggies tirés par des chevaux, les chapeaux des hommes et les longues robes des femmes et, plus globalement, le refus de la modernité), le documentaire propose une approche sensible et compréhensive des ces communautés chrétiennes anabaptistes qui, persécutées en Europe, trouvèrent dans l’actuelle Penssylvanie une terre qui leur rappelait celle qu’ils avaient quittée.

La suite du documentaire, Shunned (référence au « shunning », une pratique qui consiste à mettre un individu à l’écart de la communauté), traite de celles et ceux qui ont quitté la communauté. Il sera diffusé le 4 février sur la chaîne PBS.

Un livre rédigé par plusieurs spécialistes accompagne le documentaire. On trouve en français un livre qui introduit parfaitement à ces communautés si particulières: L’énigme Amish.

God Bless America!

indexLes américains ne cesseront pas de nous étonner par leur capacité à mixer des univers apparemment incompatibles: ainsi, le succès de l’automne est une émission de télé-réalité, pudiquement appelée « docu-series », The preachers of L.A, qui propose de suivre le quotidien de 6 pasteurs ayant rencontré le succès (forcément) du sud de la Californie. On peut visiter la page officielle de l’émission. À quand une version française?

Le site internet de la chaîne CNN propose un article (en anglais) intéressant sur le sujet.

Et une petite vidéo de présentation du programme qui montre qu’on est bien loin de l’idéal de pauvreté évangélique, mais qu’on est au cœur de l’évangile de la prospérité. Comme le dit l’un des pasteurs de la vidéo: « il n’y a pas que les rappeurs qui devraient pouvoir rouler en Ferrari »…

« Les soldats de Jésus »: un documentaire à voir sur RDI

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Si vous résidez au Québec, vous êtes doublement chanceux: non seulement vous profitez d’un art de vivre incomparable, mais en plus vous pourrez regarder sur RDI, le lundi 10 décembre à 20h, le documentaire Les soldats de Jésus (lien vers le site du documentaire avec la bande annonce).

Quand on m’a demandé de participer, j’ai hésité car ma dernière expérience pour la télévision avait été franchement mitigée. Mais après avoir vu le documentaire – et non le reportage – je ne regrette pas du tout. En effet, Orlando Arriagada a réalisé le tour de force de parler des évangéliques sans tomber dans la facilité des bras en l’air, des guérisons et des séances de délivrance, tellement télégéniques.

Rien de spectaculaire, bien au contraire. Le réalisateur montre les réalités très ordinaires d’une assemblée évangélique de Terrebonne dans la banlieue de Montréal. La séquence où le pasteur visite des fidèles est particulièrement réussie. Le réalisateur ne dit pas au spectateur ce qu’il doit penser, mais donne longuement la parole aux premiers intéressés, à savoir les Évangéliques eux-mêmes. Le documentaire dure près d’une heure, ce qui laisse le temps pour de longues séquences au cours desquelles le spectateur a le temps de comprendre le phénomène. Par ailleurs, montrant une Église québécoise « de souche », le documentariste tord le cou à l’idée que les Églises évangéliques ne concerneraient que immigrant(e)s qui trouveraient des sortes de compensations dans la pratique religieuse.

Pour autant, il n’y a pas d’angélisme dans le documentaire, et l’on voit bien comment certaines convictions peuvent parfois entrer frontalement en opposition avec les valeurs sociales dominantes. La différence de style entre le pasteur et le responsable de la jeunesse est d’ailleurs très intéressante.

Mon seul bémol est le titre, mais le réalisateur parvient à lui donner du sens quand il interroge le pasteur de l’Église de Terrebonne sur ce que lui en pense. Ce dernier souligne justement qu’un tel titre peut faire peur celles et ceux qui ne connaitraient pas les évangéliques.

Où il est question de francs-tireurs, d’ « églises émergentes » et d’ « églises missionelles »

ci-contre, l’intérieur de l’église Sainte-Brigide de Hilde

Ma rencontre avec Patrick Lagacé

Quelques mots à propos de la dernière émission des Francs-Tireurs sur Télé-Quebec (épisode 354). Pour les non-Québécois, les Francs-Tireurs est une émission réputée pour la forte personnalité des deux co-animateurs : Richard Martineau, chroniqueur pour le tabloïd le Journal de Montréal, et Patrick Lagacé, chroniqueur pour le journal La Presse. Lire la suite