De retour de Chicoutimi

Le colloque de la Société québécoise pour l’étude de la religion qui s’est tenu dans le cadre de la conférence de l’ACFAS fut riche en présentations de qualité et en rencontres. Comme souvent dans ce type d’événements, l’essentiel se joue en dehors du colloque, quand on se retrouve autour d’une bière en fin de journée.

Ce colloque fut pour moi l’occasion de partager les premiers éléments d’une recherche ethnographique que je consacre actuellement à trois Églises québécoises: La Chapelle, Église 21 et Resurgent Church. Toutes trois possèdent plusieurs traits communs: elles sont de création récente, attirent beaucoup de jeunes adultes et de jeunes familles, développent un discours sur un Réveil québécois (avec d’ailleurs un imaginaire de la « Révolution tranquille ») et se réunissent dans des cinémas, des théâtres et des auditoriums dans des établissements d’éducation. Lire la suite

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Où l’on parle de géographie des religions

Vous pouvez télécharger et réécouter l’émission de géographie Planète terre consacrée la cartographie des faits religieux dans le monde. Outre Delphine Papin, docteure de l’Institut francais de géopolitique (Université Paris 8) et cartographe au journal Le Monde, Frédéric Mounier, spécialiste des religions au journal La Croix, vous pourrez entendre ma voix. Compte tenu de petits soucis avec le duplex depuis Montréal (merci Radio Canada!), mon intervention a été sèchement coupée à la 45ème minute.

Un site au ralenti

Voici bien longtemps que je n’ai rien ajouté sur ce blog; ce n’est pas faute de matière, mais davantage faute de temps. En effet, depuis juin 2014 je suis chercheur dans un institut de recherche, l’IRIPI, affilié au Collège de Maisonneuve, à Montréal. Mes thèmes de recherche ne portent plus sur le religieux, mais sur l’intégration professionnelle des immigrants au Québec.

Malgré tout, je continue à me passionner pour les Chrétiens évangéliques, et notamment à leurs manières d’investir les espaces urbains contemporains. Dans les semaines à venir, j’espère trouver un peu de temps pour revenir sur deux ouvrages: When God talks back. Understanding the American Evangelical Relationship with God de l’anthropologue américaine Tania M. Luhrmann (ce que j’ai lu de plus fascinant sur les chrétiens évangéliques dans une approche anthropologique, à égalité avec Language, Charisma and Creativity de Thomas Csordas) et le dernier ouvrage du sociologue américain Robert Wuthnow, Rough Country. How Texas became America’s most powerful Bible-belt State, publié il y a quelques semaines et que je viens tout juste de recevoir.

Quel espace pour la religion dans le monde au XXIème siècle ?

video-xnnq5bL’émission Planète Terre consacrée aux espaces des faits religieux dans le monde, enregistrée le mercredi 18 décembre en compagnie de votre serviteur et du sociologue Olivier Bobineau, est disponible ICI. L’émission peut-être écoutée pendant 3 ans et podcastée pendant 1000 jours.

Dans le cours de l’émission, il a été fait référence à plusieurs éléments:

– la sécularisation: Pour Peter Berger, dans La religion dans la conscience moderne (1971), la sécularisation est l’émergence d’une sphère religieuse distincte des autres sphères comme la politique, l’éducation ou l’économie. Un article de la revue Sciences Humaines explique la notion et les enjeux liés au « retour du religieux ».

– la post-sécularisation: la notion a été proposée récemment par le philosophe allemand Jürgen Habermas pour qualifier des sociétés dans lesquelles la place du fait religieux dans l’espace public se trouve redéfini. Vous trouverez ICI un article de Habermas paru dans la revue Le Débat.

– l’erouv, un fil ou tout élément matériel linéaire et continu qui permet de créer un espace privé symbolique au sein de l’espace. La géographe Lucine Endelstein y a consacré un bel article, « L’erouv, une frontière dans la ville?« , dans la revue Ethnologie française. Elle y parle de l’erouv dans le cadre d’une analyse des juifs Loubavitch dans le 19ème arrondissement de Paris.

– Enfin, pour en savoir davantage sur mon travail de doctorat portant sur les espaces évangéliques et pentecôtistes en Seine-saint-Denis et à Montréal, ma THÈSE est disponible en ligne.

Conférence à l’Institut d’Urbanisme

indexPour celles et ceux qui sont à Montréal et qui veulent en savoir plus sur l’encadrement urbanistique des lieux de culte par les arrondissements montréalais, je donne une conférence le jeudi 7 Novembre, intitulée: « Les arrondissements montréalais à l’épreuve de la diversité religieuse ».

La conférence aura lieu à l’Institut d’urbanisme, 2940 Chemin de la Côte Sainte-Catherine salle 3110, de 12h00 à 13h30.

Affiche de la conférence

Un regard féministe sur le Coran

Je vous invite à découvrir cette entrevue avec Leïla Benhadjoudja, doctorante en sociologie à l’Université du Québec à Montréal. Son travail de recherche porte sur les courants féministes musulmans, un sujet d’actualité qui permet de dépasser des préjugés sur l’Islam, le statut de la femme et les diverses formes prises par le féminisme. Bref, une belle invitation à la réflexion!

Islam et évangélisme

Le journal Le Monde proposait dans son édition du 26 mai un portrait du pasteur Saïd Oujibou, figure désormais incontournable du paysage évangélique français. Celui qui ouvre ses interventions par un sonore « Salam alikoum », est devenu en quelques années l’ancien musulman converti au Christianisme le plus célèbre de France. L’article du Monde est nuancé, assez loin d’ailleurs de certains propos que j’avais pu relever dans une note précédente.

Le 27 mai, le même journal proposait dans son édition en ligne un article intitulé » Pourquoi la phobie de l’Islam gagne du terrain« , sans prendre la précaution d’ajouter un point d’interrogation au titre, comme si l’auteur allait apporter une réponse définitive. Plutôt que « phobie », terme auquel les amateurs des sites identitaires et islamophobes savent désormais parfaitement répondre, il serait sans doute plus juste de parler d' »obsession ». Nous sommes un peu face  à l’éternel problème de la poule et de l’œuf: est-ce qu’un fait social devient un problème parce qu’on en parle, ou bien en parle-t-on parce qu’il s’agit d’un problème (et d’ailleurs, qu’est-ce exactement qu’un « problème social »?)? Dans le cas de l’Islam, il semble légitime de poser la question.

J’aurais aimé creuser la réflexion, mais je croule sous le travail; alors, affaire à suivre…