« L’arrondissement et les Églises: vers une (re)connaissance mutuelle »

L’association montréalaise Direction Chrétienne / Christian Direction propose un colloque intitulé L’arrondissement et les Églises  – Vers une (re) connaissance mutuelle, qui se tiendra les vendredi 11 et samedi 12 mai 2012 de 9h00 à 13h00 au 3580, rue Masson, Montréal (entre Pie IX et boul. St-Michel).

J’aurai le plaisir et l’honneur d’y prendre la parole pour aborder la question des relations entre les Églises et les municipalités sur la question des lieux de culte. En effet, on peut observer un manque de connaissance de la part des acteurs en présence: si les municipalités connaissent peu les réalités évangéliques contemporaines et leurs dynamiques en termes d’implantation, les responsables pastoraux demeurent peu informés des lois et des règlements qui encadrent la place des lieux de culte dans les espaces urbains. Je parlerai de la situation québécoise en la mettant en perspective avec ce que l’on peut observer actuellement en France. Cette mise en perspective devra permettre d’alimenter les échanges et le débat. Le colloque sera l’occasion d’apporter des réponses, mais surtout de susciter  une réflexion qui doit se prolonger dans le temps.

Le colloque peut donc intéresser autant les responsables d’Eglises que les fonctionnaires municipaux désireux de mieux connaître les besoins des communautés évangéliques en termes de locaux.

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Quand le rock montréalais « parle en langues »

Voici un clin d’oeil à un post récent de Sébastien Fath sur son blog: « Histoire sociale du Rock, un séminaire à ne pas manquer ». Arcade Fire, groupe phare de la scène rock montréalaise, a sorti en 2010 un excellent album intitulé « The Suburbs » (« les banlieues »), réalité géographique qui incarne le mieux les paradoxes de la société nord-américaine, peu à peu rongée par l' »étalement urbain ». Dans l’édition deluxe de l’album, on trouve une chanson au titre étonnant: « speaking in tongues » (« parler en langues »).

Une telle référence à un élément central de la théologie pentecôtiste ne doit pas nous étonner dans la mesure où Win Butler, leader du group, fut étudiant en études religieuses à la prestigieuse université McGill à Montréal. La chanson serait ainsi une réminiscence universitaire. Si le rock chrétien s’empare fréquemment des codes du rock traditionnel, nous voyons que l’inverse peut être vrai.

Participation au colloque de la CRIEC

La Chaire de recherche en immigration, ethnicité et citoyenneté de l’Université du Quebec à Montréal organise le vendredi 27 janvier 2012 un colloque international et intedisciplinaire pour étudiants et nouveaux chercheurs: Immigration, diversité ethnoculturelle et citoyenneté. Frédéric Castel (UQAM) et moi-même avons mis pour l’occasion nos connaissances en commun. Nous ferons une présentation intitulée:

« L’expression spatiale de la diversité religieuse dans la métropole montréalaise: une analyse croisée des communautés musulmanes et évangéliques« .

Cette présentation s’appuie sur deux articles que nous rédigeons actuellement. L’idée est de sortir des approches mono-confessionnelles pour proposer une comparaison de deux groupes religieux en nous appuyant sur une série de cartes et de photographies.

Nous valorisons ainsi deux échelles d’analyse:

  • l’échelle métropolitaine pour rendre compte des phénomènes de concentration et de diffusion des lieux de culte des deux confessions.
  • l’échelle micro-géographique qui prête attention au cadre bâti, à l’insertion des lieux de culte dans l’environnement urbain et les stratégies de visibilité déployés par les communautés locales.

Un peu d’enseignement

Qui dit « enseignant-chercheur » dit travail de recherche et travail d’enseignement. Personnellement, c’est ce second volet qui me plaît tout particulièrement. Je suis donc très heureux d’avoir reçu la charge d’un séminaire doctoral en Sciences Humaines Appliquées (SHA), un programme de doctorat offert par la Faculté des arts et des sciences de l’Université de Montréal. Ce séminaire porte sur l’épistémologie des sciences humaines appliquées. En deux mots, les SHA se caractérisent par leur finalité pratique et par l’attention apportée au travail interdisciplinaire. Une recherche en SHA a pour ambition de résoudre un problème précis et fait de son engagement social sa pierre angulaire.

Chaque séance sera organisée autour d’un thème. Je m’efforcerai d’indiquer chaque semaine les textes retenus. La première séance, « La démarche intellectuelle: entre étonnement et rupture » comporte 8 textes de nature et de taille variée (André Gide côtoie ainsi Descartes et Bourdieu). Tous les textes ont en commun de parler de ce qu’est une démarche intellectuelle et illustre bien selon moi les deux versants pointés par le titre de la séance: l’étonnement (tel que l’emploie Aristote dans sa Métaphysique) et la rupture (celle d’un Bachelard ou d’un Bourdieu).

  •   René Descartes, « Première méditation », in Les Méditations métaphysiques, 1641.
  •  Emmanuel Kant, Qu’est-ce que les Lumières, 1794.
  • Michel Foucault, « Qu’est-ce que les Lumières », 1984.
  •  André Gide, Préface de Les nourritures terrestres, 1897.
  • Pierre Hadot, « La philosophie est-elle un luxe ? » dans Exercices spirituels et Philosophie antique, 2002, Paris : Albin Michel, p. 361-366.
  • Pierre Bourdieu, « un doute radical », in Réponses. Pour une anthropologie réflexive, 1992, Paris : Éditions du Seuil, p. 207-216.
  • Gaston Bachelard, « la notion d’obstacle épistémologique », in La Formation de l’esprit scientifique, 1977, Paris : Vrin, p. 13-16.
  • Gilles Gaston Granger, « À quoi sert l’épistémologie ? », Droit et Société, 1992, N° 20-21, p. 35-42.

En exergue du syllabus, j’ai placé cette phrase de Pierre Bourdieu: « Je dirais que nous naissons déterminés et nous avons une petite chance de finir libres. Nous naissons dans l’impensé et nous avons une toute petite chance de devenir des sujets » (Le sociologue et l’historien, 1988, Agone/INA/Raisons d’agir). Bourdieu indique ainsi que le travail de recherche est aussi un travail de recherche de soi-même.

« Recherche en cours »: bloger la sociologie, avec Baptiste Coulmont

Un des petits plaisirs du week-end est de parcourir, depuis son lit, les podscasts d’iTunes. Et ce matin, je suis tombé sur l’émission « Recherche en cours » de radio Aligre. Le 27 mai dernier, l’invité était le sociologue Baptiste Coulmont qui venait parler de son blog et de son rôle dans son travail de recherche.

A écouter ICI

A propos de la photo du bandeau d’accueil

Comme n’ont pas manqué de remarquer celles et ceux qui viennent régulièrement sur le site (merci LJ), le site a subi quelques modifications (re-merci LJ). La photo du tunnel a été remplacée par celle de votre serviteur posant gracieusement devant l’entrée de la Toronto Airport Christian Fellowship, église mythique pour qui s’intéresse à l’évolution du paysage évangélique mondial. La TACF, Eglise de la mouvance néo-charismatique, est célèbre pour le « Toronto Blessing » qui poussa en 1994 et 1995 plusieurs centaines de milliers de personnes à faire le « pèlerinage » et assister à l’étonnant « holy laughter » . J’avais fait ici le récit de ma visite à la TACF au printemps 2008,  soit au début de ma thèse.

« La laïcité falsifiée »: une conférence de Jean Baubérot

Si vous habitez Montréal et que vous avez un peu de temps (vous ne le regretterez pas), vous pouvez venir assister à une conférence du sociologue et historien français de la laïcité, Jean Baubérot, le jeudi 20 octobre 2011, entre 12h30 et 13h45, au Centre d’études ethniques des universités montréalaises. Le discutant sera Daniel Weinstock, directeur du CREUM. Le sous-titre de la conférence est sans détour: « Peut-on parler d’instrumentalisation politique et identitaire de la laïcité en France?« .

Pour télécharger l’affiche de l’évènement en pdf