Les enjeux du « zonage religieux » en contexte urbain : l’expérience montréalaise

Raisonnance

Vous trouverez ICI un texte que j’ai rédigé pour la  dernière livraison de la revue Raisonnance, une publication de l’Association Internationale des Maires francophones. C’est l’occasion de découvrir cette association fondée en 1979 à l’initiatives des maires de Paris (Jacques Chirac) et de Québec (Jean Pelletier).

Ce petit texte intitulé « Les enjeux du « zonage religieux » en contexte urbain : l’expérience montréalaise »s’inscrit parfaitement dans une démarche de recherche qui privilégie les collaborations avec les praticiens et les milieux municipaux. Ce faisant, je me situe dans le sillage de la recherche-action qui propose aux chercheurs de se saisir des problématiques vécues sur le terrain et d’en faire des questions de recherche.

La recherche et les (en)jeux d’écriture en sciences des religions: un séminaire de doctorat

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légende: « Malinowski at work », Omarakana, 1917. Image reproduite par Geroge W. Stocking, Jr., 1983, «The Ethnographer’s Magic. Fieldwork in British Anthropology », dans History of Anthropology – volume 1 : Observers observed, Madison : The University of Wisconsin Press, p. 100.

Cet automne j’ai le plaisir de donner un séminaire de doctorat qui porte sur la question de l’écriture en sciences humaines et sociales. L’idée du séminaire m’est venue à la lecture du livre d’Ivan Jablonka L’histoire est une littérature contemporaine. Le séminaire ne sera pas un atelier d’écriture (les étudiant-e-s n’apprendront pas à bien écrire), mais sera une opportunité pour interroger la langue dans sa forme écrite qui est, finalement, le dénominateur commun à l’ensemble des chercheur-e-s en sciences humaines et sociales, par-delà la variété des disciplines, des thèmes de recherche et des méthodologies. Il s’agira donc d’apprendre à écrire de façon plus consciente. Dans un contexte académique où les pratiques de lecture (et donc d’écriture) sont en pleine transformations, une telle réflexion m’apparaît plus que nécessaire.

Vous trouverez en format pdf le plan des séances qui indique les textes qui seront lus au cours de la session. Les suggestions sont les bienvenues.

Autour de « La religion de près » d’Albert Piette

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Dans le cadre du colloque international qui célèbre les 50 ans du Département de sciences des religions de l’UQAM, j’ai le plaisir d’organiser une session qui souligne un autre anniversaire: les 20 ans de la publication du livre d’Albert Piette La religion de près, ouvrage qui a beaucoup compté pour moi, tant par la fluidité de l’écriture que l’originalité de la méthode.

À cette occasion, Albert Piette ouvrira la session par une communication intitulée « Les actions et les présences ». Seront présent-e-s autour de lui: Valérie Amiraux (Université de Montréal), Lori Beaman (Université d’Ottawa), Laurent Amiotte-Suchet ( Haute école de santé Vaud) et moi-même. Le programme du colloque est disponible sur le site du Département de sciences des religions de l’UQAM.

Dans le cadre de cette session j’y proposerai une communication intitulée « La religion, espace vécu: une lecture géographique de La religion de près » (les géographes apprécieront le clin d’oeil à Armand Frémont). J’y explorerai différentes modalités de la présence des lieux et de l’espace dans le livre (la paroisse, l’église et la salle paroissiale), et comment ils trouvent leur place dans la « chaîne d’associations » qui participent de la présence divine.

Faire entendre « Les voix de Maisonneuve »

Capture d_écran 2018-05-30 à 21.23.19Il y a de cela quelques jours a eu lieu le lancement officiel du webdocumentaire Les voix de Maisonneuve, un travail collectif piloté par la sociologue Valérie Amiraux auquel j’ai eu la chance de participer.

L’objectif de ce webdocumentaire est simple: faire entendre celles et ceux que l’on n’a (presque) jamais entendu au cours des deux dernières années, lorsque le Collège de Maisonneuve était sous les projecteurs des médias. Le webdocumentaire est donc organisé autour des témoignages oraux recueillis pendant plusieurs semaines au Collège, transcrits et joués par des tierces personnes. Les lecteurs français qui ne savent rien de Maisonneuve peuvent lire l’introduction du rapport sur la radicalisation que j’ai dirigé il y a de cela maintenant près de deux ans. Lire la suite

De retour de Chicoutimi

Le colloque de la Société québécoise pour l’étude de la religion qui s’est tenu dans le cadre de la conférence de l’ACFAS fut riche en présentations de qualité et en rencontres. Comme souvent dans ce type d’événements, l’essentiel se joue en dehors du colloque, quand on se retrouve autour d’une bière en fin de journée.

Ce colloque fut pour moi l’occasion de partager les premiers éléments d’une recherche ethnographique que je consacre actuellement à trois Églises québécoises: La Chapelle, Église 21 et Resurgent Church. Toutes trois possèdent plusieurs traits communs: elles sont de création récente, attirent beaucoup de jeunes adultes et de jeunes familles, développent un discours sur un Réveil québécois (avec d’ailleurs un imaginaire de la « Révolution tranquille ») et se réunissent dans des cinémas, des théâtres et des auditoriums dans des établissements d’éducation. Lire la suite

Prier et magasiner: une église dans un centre d’achat du Saguenay

IMG_1910[1]Comme l’a si bien montré David Lodge dans son roman Un tout petit monde (Small World) les colloques et les conférences sont en partie (et en partie seulement!) des prétextes à voyager. Actuellement à Chicoutimi pour le colloque de la dynamique Société québécoise pour l’étude de la religion (SQER), enchâssé dans la conférence annuelle de l’ACFAS, j’ai eu l’occasion de dîner (« déjeuner » pour les Français) dans un « food court » intégré à un centre d’achat non loin de l’université. Le nom du centre d’achat, Place du Royaume, prometteur quant à sa dimension religieuse, m’a tout de suite fait pensé aux « salles du Royaume » des Témoins de Jéhovah. Lire la suite

Réfugiés syriens pris en charge par des Églises: la délicate question des conversions

Le quotidien québécois Le devoir a récemment publié un article intitulé « Réfugiés dans les bras de Dieu » qui pose la question de la prise en charge de réfugiés syriens par des Églises, principalement évangéliques. En effet, à Montréal, nombre de communautés chrétiennes se sont fortement mobilisées pour offrir des services de premières nécessités aux centaines de réfugiés que le Québec accueille depuis la fin de l’année 2015. Or, l’article s’interroge sur la sincérité de cette prise en charge. Pour le dire vite, certaines Églises en feraient le premier pas vers la conversion de ces réfugiés de confession musulmane.Lors de l’entrevue avec la journaliste, cette dernière avait presque l’air choquée – du moins ce fut mon sentiment – par ce travail d’évangélisation (ou de prosélytisme pour prendre un terme négativement connoté). Rappelons que ce que j’appellerais les conversions pragmatiques sont bien connues des sociologues des faits religieux et que la conversion n’est pas toujours motivée par des motifs religieux. En revanche, il serait problématique que des Églises fassent de la conversion la condition sine qua non pour recevoir des services sociaux.

La question est complexe et une réponse mesurée exige plus qu’un seul article de journal. Néanmoins, ce dernier a le mérite de poser les termes du débat et… d’évoquer une recherche sur le rôle des Églises évangéliques dans l’intégration sociale et professionnelle des personnes immigrantes et réfugiées que nous entamons sous peu à L’IRIPI.