Impressions montréalaises

drapeau quebec Voici quelques remarques issues des premières semaines montréalaises du rédacteur de ce site. Ce premier séjour dans le cadre ma thèse (je me permets de prendre la 1ère personne) a pour but de me familiariser avec la ville de Montréal et son paysage religieux. En quelques semaines j’ai pu me rendre compte que trois paramètres importants devaient être pris en considération si on voulait aborder correctement la question des églises évangéliques et pentecôtistes dans l’espace urbain montréalais:

  •  tenir compte de la morphologie urbaine de Montréal: contrairement à Paris, il n’y a pas de partage aussi nette entre la ville-centre et la banlieue. L’Ile de Montréal est composée de plusieurs arrondissements (à la manière des arrondissements parisiens), chacun possédant une identité particulière. Par ailleurs on ne retrouve pas du tout la densité du bâtie caractéristique de Paris. En ce sens, Montréal est bien une ville nord-américaine. Enfin, le marché de l’immobilier n’est pas aussi tendu qu’à Paris, des espaces encore à bâtir sont compris dans Montréal. Tout ces éléments expliquent que les églises évangéliques et pentecôtistes sont bien implantées sur l’île même de Montréal.
  • Ne pas négliger le poids encore fort de l’Eglise catholique dont l’emprise a considérablement diminuée depuis la « Révolution Tranquille » (à partir des années 1960). Ce poids passe encore par le rôle de la religion catholique dont la manière dont est vécue l’identité québécoise. Ainsi, un Québécois peut très bien se dire catholique sans pour autant pratiquer de manière assidue. On pourrait sans doute parler d’un « catholicisme culturel », pivot de l’identité québécoise. Le rôle de l’Eglise catholique est également inscrit dans la ville: par les églises qui sont souvent des bâtiments de grande envergure dont les parties supérieures sont recouvertes de cuivre (les clochers vert-de-grisés ressortent parfaitement de la canopée urbaine), mais également par les institutions catholiques (séminaire, lycées, hôpitaux) marqués par le goût du monumental. Je pense que cet aspect sera étoffée dès lors que j’aurais consulté des ouvrages sur le catholicisme au Québec en bibliothèque.
  • Bien comprendre le rapport aux questions de l' »éthnicité » et du « multiculturalisme ». Si ces termes ont fort mauvaise presse en France, pays où le multiculturalisme est systématiquement caricaturé et rejeté comme le scénario du pire, les Canadiens ont bien compris que l’intégration de populations étrangères passe par un questionnement sur la manière de reconnaître les différences culturelles, et surtout le droit dont peuvent jouir ces différences pour s’exprimer. On ne s’étonne pas que les grands penseurs du multiculturalisme soient Canadiens: Will Kymlicka ou Charles Taylor. C’est ce dernier qui a présidé, avec l’historien Gérard Bouchard, une « commission de consultation sur les pratiques d’accommodements reliées  aux différences culturelles« , plus connue sous le nom de la commission « Bouchard-Taylor ». L’un des axes de réflexion de la commission était notamment la question des pratiques religieuses des différentes minorités et leurs différentes expressions dans l’espace public, en tant qu’espace de discussion et en tant qu’espace physique partagé par tous. Le rapport sera rendu public au courant du mois de mai.

A suivre…. notamment par des photos des différents lieux de culte évangéliques dans la ville

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